Michel Platini (69 ans) et Sepp Blatter (89 ans) ont été une nouvelle fois acquittés en appel par la Cour de Muttenz (Suisse), mettant un terme à près de dix ans de procédures. Les chefs d’accusation, dont escroquerie et gestion déloyale liés à un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) versé en 2011 à Platini, ont été rejetés, confirmant le verdict de 2022. Le parquet, qui réclamait 20 mois de prison avec sursis, envisage un éventuel recours devant le Tribunal fédéral.
Contexte de l’affaire
En 1999, un contrat officialisait une rémunération annuelle de 300 000 francs suisses pour les conseils de Platini à Blatter, alors président de la FIFA. Mais en 2011, l’ex-star du football réclama 2 millions supplémentaires, qualifiés d’« accord oral » par les accusés. Le parquet y voyait une « fausse facture », tandis que Blatter et Platini invoquaient un *« gentleman’s agreement »* non formalisé, estimant que le Français « valait son million ».
Enjeux politiques et personnels
Platini dénonce un acharnement visant à l’écarter de la présidence de la FIFA en 2015, ouvrant la voie à Gianni Infantino en 2016. « Ils m’ont écarté pendant 10 ans […] Aujourd’hui, mon honneur est revenu », a-t-il déclaré. Blatter, soutenant son ancien allié, a insisté sur la légitimité du paiement lors de l’audience.
Si la justice suisse clôt ce chapitre, l’affaire laisse des traces : une rivalité footballistique, des carrières brisées, et des questions sur les pratiques opaques au sein de la FIFA. Les deux hommes retrouvent leur innocence juridique, mais pas leur influence perdue.